samedi 23 avril 2011

ARTISTE A L'HONNEUR - Thomas Fougeirol - "Black sun"

A la Galerie Praz-Delavallade / "Black Sun"
Je vous invite a découvrir Thomas Fougeirol un artiste (et voisin !) de Quai Est qui expose - 2 avril 2011 / 7 mai 2011 - à la galerie Praz-Delavallade. Des toiles monumentales pour des impressions ... explosives.

*Thomas utilise depuis de nombreuses années des surfaces trempées dans la peinture et appliquées sur des toiles, généralement de grandes dimensions, pour y laisser des empreintes qui mettent ses oeuvres au plus près du réel. Commencée avec des rideaux, l'oeuvre a continué avec des draps, des grilles métalliques. Tous les objets ont des volumes ou une trame, avec plus ou moins de reliefs qui permettent à la peinture, lors du contact, d'occuper le tableau de façon all over (...).

"En 2008, j'ai travaillé sur cette série, que j'ai appelé les "Crash Curtain" -accidents de rideaux- qui posait la question de l'ornement. Ces rideaux, je les froissais ou les tendais à l'extrême avant de les appliquer sur la toile. La laideur des rideaux ayant déjà vécu, disparait pour ne laisser que la trace des ornements, des arabesques, une deuxième vie en quelque sorte. Puis, j'ai utilisé des draps d'hôpitaux : le résultat, très abstrait, esquisse une géographie lunaire, organique, explosive. La dernière série, entièrement noire, est une sorte d'aboutissement, il ne reste que quelques plis, qui donnent l'impression d'être face à des champs électriques. Si on transposait cela dans le champ sonore, je voudrais arriver à réaliser ce que l'on appelle le bruit en musique, c'est-à-dire qu'il  n'y aurait plus de musique mais seulement des cracks du disque. J'ai toujours voulu me placer dans un espace entre radiographie, négatif photo, peinture, empreinte. Une espèce de machine sensible qui déjouerait les attentes".

Thomas est un de ces artistes qui se pose éternellement des questions sur les processus utilisés, sur leurs significations, sur leurs buts ; tout en sachant qu'il n'y a pas de réponse, et que l'oeuvre restera empirique. Ce n'est pas un peintre abstrait qui utilise la figuration, mais un peintre figuratif qui produit de l'abstraction. Son rapport au tableau est physique et souvent, il le malmène pour tenter d'en extraire autre chose que ce à quoi on peut s'attendre.

Il cherche à neutraliser l'expressionnisme en supprimant la main mais paradoxalement, le corps s'y retrouve tout entier. Le fait de mettre en contact des objets avec la surface à peindre le contraint à déployer tout son corps pour presser et appliquer les matières sur la toile. On remarquera cependant que Thomas se transpose sur la toile sans que jamais l'on puisse voir la moindre trace de sa présence, avec une distance suffisamment grande pour que l'on puisse s'y projeter entièrement, construisant ainsi deux sortes de leurres: il est dans sa peinture tout en donnant l'impression de ne pas y être, évitant le coté "aime-moi, je suis dans la toile". Il ne dénigre pas le savoir-faire, mais estime que la main qui tient le pinceau fait apparaître les formes selon des codes normatifs qui donnent à la peinture un caractère d'évidente lisibilité. pour ce faire, les mécanismes de départ sont déconstruits pour fabriquer un nouveau vocabulaire.* Extraits de l'entretien avec Alain Bertrand, Particules, n°27, Janvier-Mars 2010

Praz-Delavallade 5 rue des Haudriettes, 75003 Paris, www.Praz-delavallade.com, info@praz-delavallade.com, T: +33(0)1 45 86 20 00. 

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