dimanche 27 février 2011

EXPO - Mondrian, une forme esthétique purifiée

Parmi les avant-gardes européennes du début du 20ème siècle, le mouvement artistique néerlandais 'De Stijl' constitue une clé de lecture fondamentale pour la compréhension des sources de la modernité. Jouant un rôle cruciale dans la genèse de l'abstraction, il a également  exercé une influence majeure sur l'architecture, le design et les arts graphiques. Les deux artistes les plus représentatifs de ce mouvement sont Piet Mondrian, pionnier de la peinture abstraite et principal théoricien du groupe, et Theo Van Doesburg, chef de file du mouvement, peintre, architecte, critique d'art e directeur de la revue 'De Stijl' ("Le Style"). En 1917, Van Doesburg demande à Mondrian de participer à son projet de revue. Les deux hommes partagent la volonté de faire connaître une nouvelle vision de l'art. Le mouvement De Stijl prend ses sources à la fois dans la philosophie de Hegel et dans la pensée théosophique* alors répandue en Hollande. Il théorise et en oeuvre une transcription plastique, picturale et architecturale des principes d'une harmonie universelle par la fusion de tous les arts. Ses membres affirment un art géométrique fondé sur des couleurs primaires et des lignes droites.
* Le terme théosophie fait référence à une doctrine qui soutient que toutes les religions sont des projections et tentatives de l'Homme de connaître « le Divin », et que, par voie de conséquence, chaque religion possède une partie de la Vérité.

Piet Mondrian, "composition en rouge, bleu et blanc II", 1937
Mondrian - Considéré avec Kandinsky et Malevitch comme des pionniers de l'abstraction, Piet Mondrian (1872-1944) fonde son oeuvre sur une redéfinition intégrale de la peinture. Né en Hollande, il est dans sa jeunesse un peintre de paysages aux tons doux et sombres, à l'atmosphère mélancolique, empreints de la tradition naturaliste. Il se démarque très tôt des formules conventionnelles en mettant l'accent sur les structures expressives de la nature: lignes régulières des arbres le long des rivières, grille orthogonales des canaux et des façades, signes cruciformes des moulins, qui extraient du paysage une géométrie sensible inédite.
La période comprise entre 1908-1911, qu'il qualifie lui-même "d'années de transition", peut être considéré comme le banc d'essai de sa quête de l'universel. En s'appuyant sur plusieurs modèles, le divisionnisme de Seurat, l'expressionnisme de Van Gogh et le fauvisme de Matisse, il choisit de privilégier la couleur par rapport au motif. Des sujets tristes et banals (tours, églises, dunes et moulins, ou meules et arbres comme Monet) dopés par des couleurs intenses et chaudes et des gros plans saisissants, sont métamorphosés en monuments irréels, héritiers d'une conception transcendante du paysage. Méthodes et principes sont déjà en place: la pratique sérielle dévalorise le sujet, se concentre sur le cadrage, la frontalité, les tensions de la surface, stimulés par l'irradiation des couleurs pures et la puissance des lignes.

Mondrian, comme tout ce qui touche à l'abstraction, est difficilement accessible pour les amateurs des plaisirs et curiosités artistiques comme moi. Mais si vous êtes curieux de déambuler dans le cheminement artistique et intellectuel d'un courant qui inspira tous les arts, je vous conseille cette exposition... muni d'un guide audio ou d'une bonne préparation préalable à l'oeuvre de Piet Mondrian et de Theo Van Doesburg.

Mondrian / De Stijl - Du 1er décembre 2010 au 21 mars 2011 - www.centrepompidou.fr

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